Parlons de choses qui fâchent : les impôts !

Si l’on devait établir un palmarès des impôts les plus détestés de l’histoire, nul doute que la gabelle récolterait quasiment tous les suffrages.

Instauré par Philippe VI Le Valois dans la première moitié du XIVème siècle, cet impôt sur le sel est resté synonyme d’injustice et d’inégalité entre les diverses régions, suivant qu’elles étaient productrices de sel ou non.

La délivrance des sels s’effectue grâce à un système hiérarchique de greniers à sel, qui désigne aussi bien l’entrepôt dans lequel est stocké le sel que le territoire sur lequel s’étend la juridiction. Les gabelous veillent à la bonne marche de ce système.

Les inégalités entres les diverses régions favorisent la contrebande, même si les risques sont élevés, le jeu en vaut la chandelle et ici ou là des révoltes ont éclaté et des contrebandiers se sont organisés. Au XVIIIème siècle, on considère que la contrebande fournit la moitié du sel consommé dans le royaume de France.

les invisibles

Dans la Gascogne de la seconde moitié du XVIIème siècle, la vie n’est pas toujours facile, alors, lorsqu’en 1665, Colbert impose la gabelle, terrible impôt sur le sel, une troupe de paysans conduite par Bernard d’Audijos prend les armes et part en guerre contre les gabelous.

Un récit mené de main de maître par Jean d’Harambat

Prix 2009 de la BD historique

 

 

 

 

sans-titre     « Mandrin, le plus magnanime des contrebandiers » aurait affirmé Voltaire

Une certitude, il demeure celui qui est entré dans la légende. Robin des Bois du XVIIIème siècle, c’est son histoire que nous raconte avec aisance Margot Bruyère

« Nous étions vingt ou trente

Brigands dans une bande

Tous habillés de blanc

A la mode des…

Vous m’entendez ?

Tous habillés de blanc

A la mode des marchands… »        La complainte de Mandrin XVIIIème siècle

 

etre brigand

 

C’est un spectre plus large que balaie le livre de Benoît Garnot. Une histoire du brigandage, vue sous les angles sociologique, historique et imaginaire, où l’on retrouve un Mandrin plus réel que fantasmé.

sur les traces des   Un tour de France insolite, sur les sentiers des faux sauniers et contrebandiers de tous poils, tous unis dans la même détestation des gabelous, et déployant des trésors d’imagination pour échapper aux représentants de la loi.

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Qu’est-ce qu’on mange ? Ou plutôt que mangeait-on au siècle des Lumières…et dans la période qui suit ?

Jean-Claude Bonnet, qui a publié différents ouvrages sur le XVIIIème siècle et sur la révolution, nous invite ici à revisiter le siècle des Lumières à travers le prisme original de l’aliment, de la cuisine, de « l’art de la table » en quelque sorte.

C’est par un chapitre consacré aux « civilités » que s’ouvre ce livre à l’écriture fluide et agréable. Ces petits traités de savoir-vivre à l’usage des enfants, définissent les règles de bonne conduite dans diverses domaines de la vie et naturellement , la façon dont il convient de se tenir à table.

C’est une grande incivilité de faire du bruit avec les lèvres en retirant son vent lorsqu’on met la cuillère dans sa bouche, ou d’en faire avec la gorge en l’avalant. Il faut mettre le potage dans sa bouche et l’abaisser avec une si grande retenue qu’on n’entende pas le moindre bruit. (1782)

Vous en conviendrez, les enfants d’aujourd’hui n’entendent guère d’autres recommandations !

Si les enfants apprennent à se tenir convenablement, les adultes eux, commencent à se prendre de passion pour la cuisine et les cuisiniers. Tout au long du  XVIIIème siècle, la cuisine va se simplifier tout en s’enrichissant de sauces, fonds, ou courts bouillons. Les cuisiniers vont prendre la plume pour défendre cette « nouvelle cuisine » et vont parfois se livrer des querelles acharnées.

A travers des articles de l’encyclopédie, des périodiques, des livres de cuisine, des correspondances, Jean-Claude Bonnet nous dévoile l’appétit dévorant d’un Diderot ou les délices de la privation d’un Rousseau, entre autres.

Ce siècle voit aussi, avec  Grimod de la Reynière les prémices de la littérature gastronomique ou des guides. Le livre s’achève avec Antonin Carême, qui sut hisser la cuisine au rang des Arts.

Mais Jean-Claude Bonnet ne s’intéresse pas seulement à la tables des aristocrates ou des bourgeois, en s’appuyant sur les écrits de Mercier, il nous dresse un tableau de Paris, ses marchés, la distribution d’eau, les préoccupations de santé liées aux denrées alimentaires. Sans oublier les crises frumentaires et les disettes qui ont secoué ces 100 ans d’histoire.

la gourmandise et la faim 1La gourmandise et la faim, histoire et symbolique de l’aliment (1730 – 1830) Jean-Claude Bonnet

isbn : 9782253156437     8.10€

 

 

Romans Libertins du XVIIIe siècle

Romans libertins

Paul Valéry explique que « A Rome, les hommes libres, s’ils étaient nés de parents libres, s’appelaient « ingénus » ; s’ils avaient été libérés, on les disaient « libertins ». Beaucoup plus tard, on appela libertins ceux dont on prétendait qu’ils avaient libéré leurs pensées ; bientôt ce beau titre fut réservé à ceux qui ne connaissaient pas de chaînes dans l’ordre des mœurs. Plus tard encore, la liberté devint un idéal, un mythe, un ferment… »   

La vivacité d’esprit des auteurs représentés leur permettent de sortir des « bonnes manières » et de nous offrir de plaisants moments grâce à une écriture aiguisée qui manie habilement l’ironie. La critique de la société, quoique parfois maladroite, se fait sentir pour notre plus grand divertissement.

En ouvrant ce recueil au papier bible, vivez par procuration ou souvenez-vous avec M. de Meilcour de votre passage à l’âge adulte,  énumérez vos nombreuses conquêtes avec le Comte de ***, vivez une aventure enflammée avec Thémidore et Rozette, goûtez aux saveurs orientales, bref laissez battre vos cœurs au rythme de ceux de Margot, de la Princesse Grisemine et du Sultan Misapouf ou de Félicia. Bien d’autres aventures vous attendent,  la perspective de plaisants moments…  

Un livre très bien documenté sur le mouvement du roman libertin et sur les titres présentés. 

Les égarements du coeur et de l’esprit de Crébillon fils,

Les confessions du Comte de *** de Charles Pinot Duclos, 

Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse de Godard d’Aucour, 

Angola, histoire indienne de La Morlière, 

Le Sultan Misapouf et Histoire de la Félicité de Voisenon, 

Thérèse philosophe attribué à Boyer d’Argens, 

Margot la Ravaudeuse de Fougeret de Monbron, 

Le colporteur de François-Antoine Chevrier, 

Les malheurs de l’inconstance de Claude-Joseph Dorat, 

Félicia ou mes fredaines d’Andrea de Nercia, 

Point de lendemain de Vivant Denon

Romans libertins du XVIIIe siècle aux Editions Robert Laffont dans la collection Bouquins. ISBN : 978-2-22107072-7.          32.00€